« Ce n’est qu’un exercice de relations publiques! », entend-on souvent dans les médias, suggérant ainsi que l’information véhiculée par les professionnels des relations publiques est racoleuse, voire carrément mensongère.
Dans la brève histoire des relations publiques, la conduite partisane de certains professionnels des relations publiques a parfois soulevé la critique au sujet de l’éthique reliée à cette « profession » (Arrowood Bowen, 2010; Fitzpatrick et Gauthier, 2001; Maisonneuve, 2010). Selon Cossette (dans Maisonneuve, 2010, p. 369) : « L’habituelle réduction des relations publiques à un discours douteux et frivole témoigne, par ailleurs, de l’importance de maintenir une réflexion éthique, non seulement sur les standards de la profession – son savoir-faire et ses méthodes – mais aussi sur ce qui en assure sa pleine légitimité. »
C’est notamment en réponse aux critiques sur le professionnalisme et l’éthique des professionnels des relations publiques qu’est né le Code d’Athènes. Ce code d’éthique international des relations publiques stipule en particulier qu’un praticien des relations publiques doit s’efforcer : « de se comporter en toutes occasions et en toutes circonstances de façon à mériter et à obtenir la confiance de ceux avec lesquels il se trouve en contact » et qu’il doit s’engager à « créer les conditions morales, psychologiques, intellectuelles du vrai dialogue, à reconnaître le droit aux parties en présence d’exposer leur cas et d’exprimer leur point de vue ».
Le Code d’Athènes n’est pas le seul code d’éthique en relations publiques. Par exemple, au Canada, les membres de la Société canadienne des relations publiques (SCRP) doivent s’engager à respecter le Code d’éthique professionnelle de l’organisme. Au Québec, les membres de la Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP) s’engagent à suivre les principes du code de déontologie de cette dernière (qui est, au demeurant, identique à celui de la SCRP!). Cet engagement est symbolique, puisque les relations publiques ne possèdent pas, d’un point de vue législatif, le statut de profession. Elles ne sont pas régies par un code de déontologie ou d’éthique reconnu (contrairement aux professions plus traditionnelles tels la médecine ou le droit). C’est ainsi qu’au Québec, les relations publiques ne sont pas reconnues par l’Office des professions du Québec. Est-ce à dire que les codes sont inutiles? Certainement pas! Évoluant constamment, les textes des codes de conduite sont des sources importantes à consulter. Ils constituent des références de premier choix pour guider l’action des praticiens et répondre à leur souci de rigueur et de professionnalisme dans l’exercice de leurs responsabilités . Mais sont-ils suffisants pour garantir l’adoption de comportements éthiques? Poser la question, c’est y répondre… S’ils peuvent être utiles dans une certaine mesure, ces codes ne sauraient à eux seuls faire l’économie de l’exercice responsable du jugement. Selon Voyer (2015) : « L’éthique n’est pas affaire de code, mais de transformation de la personne. »
« Que dois-je faire pour bien faire? » est la grande question éthique que devrait se poser tout professionnel des relations publiques. « L’éthique, qui participe, par définition, d’un effort pour construire un monde plus rationnel et moins brutal, tient, comme il faut s’y attendre, aux actions justes, prudentes et responsables » (Cossette, 2013, p. 374). Comment juger de ce qu’il convient de faire dans une situation donnée? Comment fonder adéquatement, d’un point de vue éthique, un raisonnement moral? Et comment faire cela, sachant que l’éthique n’est pas la seule forme de régulation sociale des conduites?
Le cours RPL 2008, intitulé Pratiques éthiques en relations publiques, vous invite à pousser plus loin votre réflexion sur la pratique éthique des relations publiques. Il propose de réfléchir au-delà des codes d’éthique, de conduite ou de déontologie proposés par les associations professionnelles, sans toutefois les reléguer aux oubliettes! Autrement dit, ce cours vous incite à analyser les enjeux et les exigences éthiques liés à la pratique des relations publiques, non seulement en vous exposant à « ce qu’il convient de faire », mais en vous invitant à considérer les motifs de vos actes : pourquoi devriez-vous agir de façon éthique ou morale? Au nom de quelles valeurs ou de quels principes? En fin de compte, ce cours vise à développer en chaque personne des dispositions et des habitudes éthiques qui ne se réduisent pas à une recette de management.
Sur ce, je vous souhaite un excellent cours et beaucoup de succès dans vos apprentissages!
Anne-Marie Gagné, Ph. D.
Professeure conceptrice du cours
Arrowood Bowen, S. (2010). « An Examination of Applied Ethics and Stakeholder Management on Top Corporate Websites ». Public Relations Journal. Vol. 4, no 1.
Cossette, R. (2013). Éthique de la communication appliquée aux relations publiques. Québec : Presses de l’Université du Québec.
Fitzpatrick, K. et Gauthier, C. (2001). « Toward a Professional Responsibility Theory of Public Relations Ethics ». Journal of Mass Media Ethics. Vol. 16, nos 2 et 3, p. 193-212.
Maisonneuve, D. (2010). Les relations publiques dans une société en mouvance, 4e édition. Québec : Presses de l’Université du Québec.
Voyer, G. (2015). « Toujours plus de règles, toujours plus d’éthique? ». Le Devoir, 30 mai 2015. En ligne : https://www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo/441411/le-devoir-de-philo-toujours-plus-de-regles-toujours-plus-d-ethique.
Le principal objectif de ce cours est de vous faire réfléchir sur les dimensions éthiques de la pratique des relations publiques, de manière à vous habiliter à reconnaître les problèmes et les enjeux éthiques pouvant se poser dans la pratique professionnelle des relations publiques, à les analyser et à les résoudre.
Plus précisément, ce cours vous permettra :
Modules |
Principaux thèmes abordés |
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Module 1 |
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Module 2 |
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Module 3 |
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Le scénario d’apprentissage a été conçu de manière à favoriser l’acquisition des connaissances théoriques et pratiques nécessaires à la réussite de ce cours.
Commencez par vous familiariser avec le contenu du site Web. Survolez ensuite la liste des textes que vous aurez à lire chaque semaine et lisez les consignes des travaux notés. Le véritable point de départ de vos apprentissages se situe toutefois dans les trois onglets « module » du site Web. Vous y trouverez des hyperliens menant vers chacune des semaines du cours.
Chaque semaine, nous vous présentons :
Chaque semaine, des textes sélectionnés par la professeure responsable du cours sont disponibles sur le site Web, en divers formats. Ils sont tous réunis sous l’onglet « Textes ».
Le site Web du cours comprend les sections suivantes.
Ce cours est conçu en vue d’une démarche d’étude autonome, selon le rythme qui vous convient. Vous devez répartir votre étude sur 15 semaines. Pour ce faire, nous vous suggérons de vous fier au plan de cours proposé. Il vous permet d’avoir une vue d’ensemble du cours, ainsi que des moments où vous devez passer l’examen en ligne et remettre vos travaux notés. Vous bénéficiez du soutien du professeur responsable du cours ou d’une personne tutrice pendant toute la durée du cours. Leur rôle consiste à vous guider dans votre apprentissage. Pour communiquer avec votre professeur ou votre personne tutrice, vous pouvez utiliser le téléphone ou le courrier électronique.
La formule d’encadrement comporte :
N’hésitez pas à entrer en contact avec votre professeur ou votre personne tutrice lorsque vous en ressentez le besoin. Ces personnes sont là pour vous soutenir et répondre à vos questions; vous ne les dérangez pas!
Guide pour la rédaction de travaux authentiques et sans plagiat
Vous éprouvez des problèmes techniques? N’hésitez pas à communiquer avec une personne-ressource du Soutien technique.
Le site de la Bibliothèque vous offre une panoplie de ressources et de services pour votre recherche documentaire. Si toutefois vous éprouvez des difficultés avec votre recherche, vous pouvez joindre une technicienne en documentation de la bibliothèque. Cliquez sur le lien suivant pour obtenir les coordonnées du personnel : Assistance documentaire de la Bibliothèque.
Anne-Marie Gagné, Ph. D., professeure conceptrice du cours
Sophie Beaupré, spécialiste en sciences de l’éducation
Nathalie Gouin, spécialiste à la production de médias numérisés
Chantal Collin, spécialiste en design d’édition pédagogique
Marie-Claude Massé, technicienne en arts graphiques
Charles-Etienne Boulé, technicien en informatique
Louise Blouin, spécialiste en communication écrite
Roger Cevey. (2008). L’éthique avec Mafalda. Liber, p. 22.
Avant d’amorcer tout apprentissage, nous vous convions à prendre connaissance des informations essentielles au sujet du cours. Ainsi, cette semaine sera consacrée à faire le tour du matériel mis à votre disposition dans le cours, c’est-à-dire l’ensemble des sections du présent site Web.
Aussi, assurez-vous de bien saisir la nature de la démarche de ce cours. Consultez plus particulièrement les sections « Plan de cours » et « Évaluations ». Si vous avez quelque interrogation, n’hésitez pas à communiquer avec votre professeur: il est là pour répondre à vos questions!
En résumé, voici ce que vous avez à faire cette semaine.

Roger Cevey. (2008). L’éthique avec Mafalda. Liber, p. 163.
Votre inscription à un cours portant sur l’éthique vous permettra de comprendre les enjeux éthiques liés à la pratique des relations publiques et, possiblement, de développer votre propre sens éthique. Avant de commencer vos lectures, que savez-vous de l’éthique? Quelle définition en donneriez-vous? Considérez-vous que l’éthique se résume surtout à une série de règles organisationnelles ou professionnelles à respecter? Pensez-vous qu’elle s’apparente surtout aux règles de droit? Peut-être encore s’agit-il davantage pour vous d’une question de valeurs à mettre en pratique? Les lectures de cette semaine vous permettront de situer le concept d’éthique dans un contexte beaucoup plus large que celui de la simple application de règles, de lois ou de principes déontologiques. Vous constaterez que l’éthique vise à « nous permettre de faire des évaluations morales plus réfléchies, plus critiques, plus rationnelles du comportement d’autrui, de l’organisation sociale ou des décisions que nous avons à prendre concernant nos propres comportements. » (Blackburn, 1996, p. 30).
Droit, R.-P. (2009). L’éthique expliquée à tout le monde. Paris : Seuil, pages 9 à 47.
Blackburn, P. (1996). « Questions préliminaires ». Chapitre 1 dans L’Éthique. Fondements et problématiques contemporaines. Montréal : ERPI, pages 3 à 30.
Faites d’abord un survol des textes, puis lisez-les plus attentivement. Lire n’est cependant pas suffisant : ayez un crayon en main lors de votre lecture! Notez les passages qui vous semblent les plus importants. Notez également vos questions au fur et à mesure qu’elles surviennent et, au besoin, faites-vous des fiches comprenant un résumé du texte. Le but de cette démarche est de vous permettre de vous approprier les textes et, ainsi, de mieux réussir vos travaux notés.
Roger Cevey. (2008). L’éthique avec Mafalda. Liber, p. 106.
Nous prenons souvent des décisions moralement bonnes, de façon spontanée, sans même nous en rendre compte. Par exemple, vous n’hésiteriez probablement pas à alerter les secours si vous étiez le premier témoin d’un grave accident. Vous ne vous arrêteriez sans doute pas pour réfléchir s’il est de votre devoir ou non de composer le 911.
Or, prendre une décision éthique ne se fait pas toujours aussi machinalement, tel un réflexe. Nous faisons aussi face à des problèmes pour lesquels nous sommes incapables de choisir sans hésitation ce qu’il convient de faire. Nous sommes alors confrontés à un dilemme éthique ou à un problème moral. Comment le résoudre? Par où commence-t-on pour analyser un problème éthique? Comment s’assure-t-on d’avoir couvert tous les éléments du problème avant de prendre une décision? Comment s’assure-t-on du bien-fondé de cette décision? Comment peut-on la justifier rationnellement?
Le texte de cette semaine vous propose une démarche éthique, c’est-à-dire une série d’étapes à franchir afin d’orienter vos réflexions, lorsque vous faites face à un dilemme éthique, et de réussir à prendre une décision qui soit juste et bonne. Il faut toutefois retenir que : « La démarche […] décrite et suggérée ne reprend pas tous les détails des divers types de décisions ni ne prétend régler le déroulement de toutes les décisions possibles. L’éthique dépend trop de l’engagement personnel et des diverses circonstances pour qu’on puisse donner des recettes et proposer une technique de décision » (Duhamel et Mouehlhi, 2001, p. 191).
Duhamel, A. et Mouelhi, N. (2001). « La démarche éthique ». Chapitre 8 dans Éthique. Histoire, politique, application. Boucherville : Gaëtan Morin Éditeur, pages 171 à 191.
Saurez-vous appliquer la démarche éthique?

Roger Cevey. (2008). L’éthique avec Mafalda. Liber, p. 142.
Les normes et les valeurs sont-elles mutuellement exclusives?
Le texte de Métayer (2002) stipule qu’il y a deux principaux types d’exigences morales : les normes et les valeurs. Alors que les premières relèvent des principes et des règles, les dernières relèvent d’un idéal de vie et de la vertu : « Les normes morales doivent souvent être développées en règles précises et détaillées. Elles prennent alors la forme de législation, de réglementations ou de codes de procédures » (Métayer, 2002, p. 7). La morale, quant à elle « introduit dans notre agir les idées d’élévation et de dignité et, à l’opposé, de bassesse et d’indignité. Dans l’optique morale, on reconnaît qu’il y a des actions et des façons de vivre indignes d’un être humain et que l’être humain doit s’élever au-dessus de certains de ses penchants. Cela signifie que nous soumettons notre action à des critères d’évaluation plus exigeants que les critères immédiats et élémentaires que sont l’efficacité, la satisfaction ou le plaisir immédiat. » (Métayer, 2002, p. 3.) Ces deux concepts (normes et valeurs) s’excluent-ils mutuellement? Non! Ils sont plutôt complémentaires. Métayer (2001) donne l’exemple de la responsabilité parentale. En tant que parent, on peut certainement vouloir transmettre des valeurs d’amour, de partage, de solidarité (par exemple) à nos enfants. Toutefois, en tant que société, on ne se fie pas uniquement aux supposées « bonnes valeurs » que tout parent souhaiterait transmettre à ses enfants : on impose des normes et on met en place des lois pour protéger les enfants.
En tant que professionnelle (ou professionnel) des relations publiques, quelle(s) norme(s) morale(s) seriez-vous susceptibles d’appliquer? Pourriez-vous maintenant donner un exemple de valeur morale qui vous animerait?
Au-delà de l’application des normes et des valeurs morales… pourquoi agit-on moralement?
Le texte de Blackburn (1996) pose la question suivante : « Pourquoi devrais-je agir moralement? ». On peut décider de « bien agir »… Mais au nom de quoi décidons-nous de le faire?
Supposons qu’une société de transport en commun vous engage comme professionnel des relations publiques. L’un de vos premiers mandats consiste à promouvoir le développement d’un nouveau trajet d’autobus controversé. En effet, ce nouveau trajet qui traverse quelques rues résidentielles fait l’objet d’une pétition de la part du comité de citoyens en désaccord avec le tracé proposé. Le leader de ce groupe, M. Marois, est le président de la Chambre de commerce de la région. Il possède donc un important réseau de collègues et amis et, parallèlement, un grand pouvoir d’influence. Il diffuse chaque jour sur les médias sociaux des messages visant à faire avorter le projet. Vous avez tenté à plusieurs reprises de le rencontrer, mais il se défile constamment. Excédé, vous vous demandez comment le faire taire. L’idée de lui offrir un important pot-de-vin vous traverse l’esprit. Vous savez que son fils s’est vu refuser l’entrée à l’université. Or, vous connaissez un moyen d’infirmer cette décision. Vous êtes persuadé que devant la possibilité de voir son fils entrer à l’université, le président de la Chambre de commerce serait prêt à bien des bassesses… Notamment… à cesser sa « campagne de salissage » envers la société de transport. Que faites-vous? Bien sûr, d’un point de vue éthique (ou moral), l’option de lui offrir un pot-de-vin est impensable. Cependant, lorsque vous rentrez à la maison et avouez à votre conjointe l’idée qui vous a traversé l’esprit pour convaincre M. Marois de cesser de dénigrer le projet, celle-ci vous demande : « Pourquoi devrais-tu agir moralement, alors que cet individu diffuse des propos mensongers et parfois même orduriers sur les réseaux sociaux à propos de la société de transport? Franchement, si j’étais toi, ce n’est pas un pot-de-vin que je lui offrirais! Je partagerais plutôt cette image avec tous mes contacts » (et elle vous montre une caricature peu flatteuse de M. Marois). Que lui répondez-vous? Le texte de Blackburn (1996), « La boussole et la balance », devrait vous apporter des pistes de solution…
Métayer, M. (2002). « Le champ de l’éthique ». Chapitre 1, dans La philosophie éthique. Enjeux et débats actuels. Montréal : ERPI, pages 5 à 19.
Blackburn, P. (1996). « L’image de la boussole », Chapitre 4 (pages 88 à 90) et la conclusion intitulée « La boussole et la balance » (pages 432 à 440), dans L’Éthique. Fondements et problématiques contemporaines. Montréal : ERPI.
Félicitations! Vous voilà à la fin du premier module du cours.
Les lectures et les activités des quatre premières semaines du cours vous ont permis de compléter ce premier module : les notions de base en éthique. Vous pouvez maintenant passer l’examen en ligne.
L’examen en ligne est composé de 15 questions (10 questions à choix multiples et 5 questions à court développement qui portent sur l’ensemble de la matière du module 1). Vous avez trois heures pour compléter l’examen et n’avez droit qu’à un seul essai. L’examen compte pour 25 % de la note finale. Cet examen doit être fait individuellement.
Pour accéder à l’examen, cliquez sur l’onglet « Évaluations », dans le menu supérieur.