Introduction au module 3

Introduction

Axé sur la pratique, tant dans son contenu que dans son approche, le module 3 vous propose de prendre connaissance de divers « dossiers thématiques » élaborés autour de pratiques douteuses en relations publiques ou de pratiques professionnelles potentiellement porteuses d’enjeux éthiques : l’astroturfing ou le sock puppeting (la désinformation populaire planifiée), l’écoblanchiment (le greenwashing), le lobbyisme et l’acceptabilité sociale de projets controversés. Chaque semaine, nous vous proposons des lectures sur la thématique à l’étude, ainsi que des exercices (mises en situation, questions) ou des pistes de réflexion qui vous permettront d’établir des liens entre la théorie et la pratique.

Objectifs du module 3

  • Déterminer les problèmes éthiques se posant dans la pratique professionnelle des relations publiques.
  • Analyser et traiter ces problèmes dans une perspective d’éthique appliquée.
  • Prendre une décision éthique et la justifier rationnellement.

Thèmes abordés au module 3

Semaine 11 : L’astroturfing ou le sock puppeting

Semaine 12 : Le lobbyisme

Semaine 13 : L’écoblanchiment (le greenwashing)

Semaine 14 : L’acceptabilité sociale de projets controversés

Semaine 15 : Rédaction du travail noté 2

L’astroturfing ou le sock puppeting – Dossier thématique

« Créer un blogue animé par des citoyens fictifs, ne pas dire au public que ce blogue est une plate-forme pour mousser un service (si louable soit-il), est-ce une arnaque ? »

Patrick Lagacé, 2009, La Presse

« Il ne faut pas croire tout ce qu’on lit. Surtout s’il s’agit d’un commentaire diffusé sur le web par un inconnu. Une fois sur trois, c’est de la mascarade. Du mensonge pur. »

Stéphanie Grammond, 2015, La Presse

Vous venez d’entendre parler d’un produit révolutionnaire pour contrer la perte de cheveux. Sceptique, vous décidez de consulter, dans Internet, les avis de divers consommateurs ayant testé le produit. Vous êtes enchanté et un brin surpris de lire les avis extrêmement positifs des gens en ayant fait l’essai. Un consommateur s’exclame : « Au départ, je ne croyais pas qu’un tel produit puisse tenir ses promesses. Après trois mois d’utilisation quotidienne, je fus agréablement surpris de voir à quel point ma chevelure avait retrouvé son lustre d’antan! En plus, de nouvelles pousses semblent avoir fait leur apparition à la base de ma nuque et sur le dessus de mon crâne. » Vous sortez votre carte de crédit et commandez le produit. Vous venez d’être « victimes » d’astroturfing.

« L’astroturfing se réalise à travers une panoplie de moyens de communication (Web, documents imprimés, création d’un faux groupes d’intérêts, sollicitations frauduleuses d’appui à une cause, etc.) qui laissent entendre qu’ils sont d’origine citoyenne ou qu’ils défendent les intérêts des citoyens. Ils sont plutôt l’œuvre d’un autre acteur, gardant secrète sa réelle identité et ayant son propre agenda non avoué publiquement. » (Boulay, 2012, p. 62.) C’est ainsi que lorsqu’un professionnel des relations publiques (par exemple) décide de se créer une identité fictive pour promouvoir son produit, son service ou sa cause, il fait de « l’astroturfing » et, par conséquent, il s’inscrit en faux par rapport aux principes d’éthique en relations publiques.

Lectures de la semaine 11

Boulay, S. (2012). « Exploration du phénomène d’astroturfing : une stratégie de communication usurpant l’identité citoyenne dans l’espace public ». Communiquer. Vol. 7, pages 61 à 84. En ligne : https://journals.openedition.org/ricsp/487

Quelques cas d’astroturfing connus :

Lagacé, P. (2009). « Bixi, blogue et bullshit ». La Presse,12 mai 2009. En ligne : https://www.lapresse.ca/debats/chroniques/patrick-lagace/200905/11/01-855539-bixi-blogue-et-bullshit.php

Gerbet, T. (2014). « Fuite majeure de la stratégie de TransCanada » Ici. Radio-Canada. En ligne : https://ici.radio-canada.ca/nouvelles/National/2014/11/18/001-fuite-strategie-communication-transcanada-pipeline.shtml

En pratique!

Le cas SandBeach

Autres ressources, semaine 11

Le lobbyisme – Dossier thématique

« Souvent perçu comme secret et mystérieux, le lobbyisme donne lieu à une foule de spéculations qui contribuent à entretenir des perceptions souvent erronées sur sa véritable nature. Il en découle un sentiment de méfiance à l’égard de ceux qui pratiquent le lobbyisme, un métier tout à fait légitime, selon l’Assemblée nationale. »

Commissaire au lobbyisme du Québec

Jusqu’où une firme de lobbying peut-elle aller? Peut-elle jusqu’à créer un scandale pour influencer l’opinion publique?

Madeleine Poulin, tel que rapporté par Louis Baribeau, avocat.

Qu’est-ce que le lobbyisme et en quoi relève-t-il (ou non) de la pratique des relations publiques? Selon Maisonneuve (2004, p. 219) : « Relations publiques et lobbying sont à la fois distincts et similaires. Plusieurs relationnistes ne pratiqueront jamais de lobbying, se concentrant sur d’autres activités de communication. Par contre, certains relationnistes feront des communications gouvernementales leur domaine de spécialisation, allant même jusqu’à se considérer comme lobbyistes de carrière ».

Bien qu’au Québec, les activités de lobbying soient légiférées, vous constaterez, à travers les lectures du dossier thématique, qu’elles comportent malgré tout leur lot d’enjeux éthiques…

Lectures de la semaine 12

Maisonneuve, D. (2004). Section 6.3, « Lobbying », du chapitre 6 : « Groupe de pression et lobbyisme : la communication activiste », dans Les relations publiques. Le syndrome de la cage de Faraday. Québec : Presses de l’Université du Québec, pages 219 à 223.

Hudon, R. (2007). « Aux frontières de diverses légitimités. L’encadrement de l’activité de lobbying ». Éthique publique. Vol. 9, no 2. En ligne : https://ethiquepublique.revues.org/1767

Parcourez les différents textes publiés sur le site du Commissaire au lobbyisme du Québec : (et plus particulièrement le Code de déontologie des lobbyistes).

Parcourez le site Web de l’Association québécoise des lobbyistes : https://www.lobbyquebec.com/

En pratique!

Le cas UBER et autres questions

Autres ressources, semaine 12

L’écoblanchiment (le greenwashing) – Dossier thématique

« Pour la grande entreprise, l’important n’est pas tant de sauver la planète, que de laisser croire que le problème de l’environnement la préoccupe. »

Dagenais, 2010, p. 153

L’Office québécois de la langue française définit l’écoblanchiment ainsi : « Opération de relations publiques menée par une organisation, une entreprise, pour masquer ses activités polluantes et tenter de présenter un caractère écoresponsable. » Ce genre d’opération est évidemment condamnable sur le plan éthique. Quelle est l’origine de l’écoblanchiment? Quelles formes peut-il prendre? Et comment, en tant que professionnel des relations publiques, peut-on s’assurer de ne pas mettre en place ce genre de pratique?

Lectures de la semaine 13

Notebaert, J.F. (2009). « L’éco-blanchiment : une stratégie à risque face à la résistance des consommateurs ». Décisions Marketing. No 53 (janvier-mars), pages 71 à 74.

Dagenais, B. (2014). «  La RSE : Mentir donne de si bons résultats », dans Pratiques et réflexions autour des dispositifs d’apprentissage et de formation des communicateurs. Cahiers du RESIPROC, no 2. Louvain-la-Neuve, Belgique : Presses universitaires de Louvain, pages 181 à 200.

Dagenais, B. (2010). « La grande entreprise, une communication détournée : Du blanchiment vert à la poursuite bâillon », dans Contredire l’entreprise. Actes du colloque de Louvain-la-Neuve. Octobre 2009. Louvain-la-Neuve, Belgique : Presses universitaires de Louvain, pages 151 à 161. (Livre disponible en format numérique à la Bibliothèque de la TÉLUQ.)

Quelques lectures complémentaires facultatives :

Catellani, A. (2010). « Les aventures de Pinocchio au pays du greenwashing. Analyse des stratégies de contradiction dans le site du "Prix Pinocchio" », dans Contredire l’entreprise. Actes du colloque de Louvain-la-Neuve. Octobre 2009. Louvain-la-Neuve, Belgique : Presses universitaires de Louvain, pages 59 à 68. (Livre disponible en format numérique à la Bibliothèque de la TÉLUQ.)

Cordelier, B. et Breduillieard, P. (2013). « Publicité verte et greenwashing ». Gestion 2000. Vol. 30, no 6. (Disponible en ligne, via la Bibliothèque.)

Les dix pubs reines du Greenwashing : https://www.consoglobe.com/10pubsreinesgreenwashing3963cg

Autres ressources, semaine 13

L’acceptabilité sociale de projets controversés – Dossier thématique

« Tout n’est pas noir ou blanc. L’acceptabilité sociale peut servir à une communauté si son absence fait renverser la vapeur sur un projet néfaste. Mais la perméabilité du concept, et la façon arbitraire dont les médias, les élus et les corporations se le rapproprient (sic), constituent un danger réel pour la démocratie. »

Bruno Masse, 2013

Imaginez que vous habitez un coin de pays parmi les plus émouvants du Québec. Imaginez un lieu enraciné dans plus de trois siècles d’histoire, établi sur le bord du Saint-Laurent et célébré pour son caractère patrimonial est bucolique. Imaginez un village traditionnel, dominé par une église en pierre du XVIIIe siècle, balisé à ses extrémités par des chapelles de procession, un territoire parsemé de maisons ancestrales vénérées, toujours occupé par des gens soucieux de la pérennité de cette terre. […] Imaginez qu’un de ces beaux matins, sans avertissement, débarque dans ces lieux bénis un consortium d’industries lourdes, avec dans ses cartons un projet invraisemblable, une sorte d’invasion barbare qui impose un complexe pétrolier impossible à harmoniser avec l’environnement existant et qui menace vos terres, vos maisons, vos familles. […]

Une campagne de propagande, généreusement nourrie, a été orchestrée sur un vaste territoire, tout à fait en dehors du périmètre considéré par l’éventuel chantier. Des pochettes de promotion somptueuses ont été distribuées dans chaque foyer. Un bureau d’accueil a été monté pour recevoir immédiatement les inscriptions des entrepreneurs et des fournisseurs. Une invitation des travailleurs intéressés à s’inscrire illico à un registre mirage des emplois a été adressée. Rien n’a été négligé pour mousser la cause et stimuler le rêve de la population et des autorités. Il faut voir la qualité graphique du dépliant intitulé Rabaska, Des retombées économiques majeures pour la région, distribué dans toutes les résidences de la région… (Extrait de G. Cadrin, B. Dagenais, M. Lessard et P.P. Sénéchal [2009]. Rabaska. Autopsie d’un projet insensé. Québec : FIDES, pages 17 à 27).

Lectures de la semaine 14

Shields, A. (2015). « Un chantier acceptable? ». Le Devoir,16 mai 2015. En ligne : https://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/440264/acceptabilite-sociale-un-chantier-acceptable

Masse, B. (2013). « L’acceptabilité sociale ou l’art de se faire avoir? ». Le Huffington Post Québec, 24 mai 2013. En ligne : https://quebec.huffingtonpost.ca/Bruno%20Mass%C3%A9/acceptabilitesocialeconcept_b_3972876.html

Gendron, C. (2014). « Penser l’acceptabilité sociale : au-delà de l’intérêt, les valeurs ». Communiquer. Vol. 11, pages 117 à 129. En ligne : https://journals.openedition.org/ricsp/584

Yates, S. et Arbour, M. (2016). « Le rôle des maires dans l’acceptabilité sociale des projets d’infrastructure : tension entre arbitrage et promotion ». Politique et Sociétés. Vol. 35, no 1, pages 73 à 101. En PDF : le-role-des-maires

En pratique!

Le cas Rabaska

Autres ressources, semaine 14

Rédaction du travail noté 2

Vous voici déjà à la fin du cours Pratiques éthiques en relations publiques!

Les lectures et les activités des semaines 11 à 14 vous ont permis de compléter le troisième module constitué de dossiers thématiques. Vous pouvez maintenant rédiger votre travail noté 2.

Le travail noté 2 est un travail à réaliser à domicile. Il consiste pour vous à analyser un problème éthique en relations publiques.

Il compte pour 45 % de la note finale et est à remettre cette semaine à votre professeure par le dépôt des travaux, accessible à partir de votre dossier étudiant MaTÉLUQ.

Cliquez sur l’onglet « Évaluations » dans le menu supérieur du site pour accéder aux consignes du travail.

Bon travail et bon succès pour la suite de vos études!