À une époque où la transparence est souvent prônée comme étant une valeur clé par plusieurs organisations, existe-t-il des cas où celle-ci peut être néfaste? Montréal, 8 heures : vous êtes en retard au boulot et, comble de malchance, le métro est en panne. À l’interphone, vous entendez : « Le service est interrompu entre les stations Angrignon et Frontenac pour une durée indéterminée ». Depuis le début des années 1990, la Société de transport de Montréal (STM) ne médiatise plus les cas de tentatives de suicides ou de suicides, craignant un effet contagieux. Les médias sont aussi frileux lorsqu’il est question de suicide. Ces derniers respectent généralement cette prohibition, craignant que leur médiatisation ne fasse qu’augmenter les statistiques de cas de suicides. C’est ce qu’on appelle l’effet de Werther. Conséquemment, la décision de la STM de ne pas médiatiser les suicides dans ses stations de métro semble être le choix moral et éthique à faire pour prévenir ce genre d’incidents. Alors que la « transparence » est identifiée par la STM comme étant l’une de ses principales valeurs, l’organisation demeure sciemment muette lorsqu’il est question de suicide.
Pouvez-vous imaginer une autre situation pour laquelle le professionnel des relations publiques devrait taire une information plutôt que de faire preuve de transparence devant les journalistes, et ce, en adoptant un comportement tout à fait éthique? Pour des raisons de confidentialité ou encore de sécurité, par exemple… Selon Dagenais (2016, p. 183) : « Une véritable règle de transparence permettrait à chaque demandeur d’information de recevoir une information claire, à jour et exacte. Or, dans toute entreprise, pour des raisons stratégiques ou éthiques, certaines informations doivent demeurer confidentielles. » Êtes-vous d’accord avec cette affirmation?
Référence : Dagenais, B. (1999). Le métier de relationniste. Sainte-Foy : Les Presses de l’Université Laval.