Toute vérité est-elle bonne à dire?

  • Réfléchissez à la situation suivante…

À une époque où la transparence est souvent prônée comme étant une valeur clé par plusieurs organisations, existe-t-il des cas où celle-ci peut être néfaste? Montréal, 8 heures : vous êtes en retard au boulot et, comble de malchance, le métro est en panne. À l’interphone, vous entendez : « Le service est interrompu entre les stations Angrignon et Frontenac pour une durée indéterminée ». Depuis le début des années 1990, la Société de transport de Montréal (STM) ne médiatise plus les cas de tentatives de suicides ou de suicides, craignant un effet contagieux. Les médias sont aussi frileux lorsqu’il est question de suicide. Ces derniers respectent généralement cette prohibition, craignant que leur médiatisation ne fasse qu’augmenter les statistiques de cas de suicides. C’est ce qu’on appelle l’effet de Werther. Conséquemment, la décision de la STM de ne pas médiatiser les suicides dans ses stations de métro semble être le choix moral et éthique à faire pour prévenir ce genre d’incidents. Alors que la « transparence » est identifiée par la STM comme étant l’une de ses principales valeurs, l’organisation demeure sciemment muette lorsqu’il est question de suicide.

Pouvez-vous imaginer une autre situation pour laquelle le professionnel des relations publiques devrait taire une information plutôt que de faire preuve de transparence devant les journalistes, et ce, en adoptant un comportement tout à fait éthique? Pour des raisons de confidentialité ou encore de sécurité, par exemple… Selon Dagenais (2016, p. 183) : « Une véritable règle de transparence permettrait à chaque demandeur d’information de recevoir une information claire, à jour et exacte. Or, dans toute entreprise, pour des raisons stratégiques ou éthiques, certaines informations doivent demeurer confidentielles. » Êtes-vous d’accord avec cette affirmation?

  • Amorcez une réflexion critique sur le concept de transparence, de vérité et de son corollaire : le mensonge…
    • Que pensez-vous du texte d’Isabelle Perras : « Pour y voir clair dans la transparence »? Êtes-vous d’accord avec l’auteure lorsqu’elle écrit :
      « S’il existe un terme galvaudé, employé à toutes les sauces sans trop comprendre sa signification, c’est bien le mot transparence. Souvent, plutôt que de désigner l’ensemble des informations dont un citoyen attentif aurait besoin pour juger des causes et des conséquences d’une décision, le terme est employé par des citoyens ou groupes de pression pour accuser les élus de cachotteries. Or, l’information que détient le gouvernement se décline en trois catégories : 1) confidentielle et secrète, 2) accessoire et inutile, 3) détaillée et essentielle à l’analyse rigoureuse pour faciliter sa prise de décision. Sans clarifier tout cela, on continuera longtemps de réclamer de la transparence sans jamais obtenir celle qu’il nous faut. »
    • Que pensez-vous de cette citation de Sormany (1988, dans Dagenais, 1999, p. 206) : « Parler vrai, cela ne veut pas dire qu’il faille s’abstenir de présenter les choses du bon côté. Parler vrai, ce n’est pas nécessairement tout dire, ne pas tout dire ne signifie pas mentir ».

Référence : Dagenais, B. (1999). Le métier de relationniste. Sainte-Foy : Les Presses de l’Université Laval.